À Saint-Lô, La Tour du Rouet*GFE, Loveur de Startup et Lamborghini Riverland surclassent la concurrence dans le Masters des étalons
La première soirée de démonstration du salon des étalons de sport de Saint-Lô aura permis au public d’admirer quelques jeunes montures qui semblent taillées pour le grand sport. Si rien n’est plus incertain que l’avenir d’un jeune cheval, quelques-uns se sont véritablement démarqués parmi leurs conscrits au pôle hippique. Ainsi, le Masters des étalons Selle Français, divisé sur deux journées cette année, a sacré vainqueur Mojito de Talma chez les quatre ans et La Tour du Rouet*GFE chez les cinq ans. Dans cette seconde classe d’âge, le trio de tête s’est joué à un rien et ses dauphins, Loveur de Startup et Lamborghini Riverland, auraient aussi pu être des gagnants légitimes.
Venue spécialement de Gassin pour participer au Masters des étalons Selle Français de Saint-Lô, vendredi 20 février, Pénélope Leprevost est passée par toutes les émotions. Si la Normande a connu quelques déboires, vite corrigés, avec Latino Gos*GFE, qui ne manque pas de talent mais n’avait pas de repères avec son amazone d’un soir, elle a surtout enflammé le pôle hippique aux rênes du surpuissant La Tour du Rouet*GFE. “J’ai un objectif avec lui : le monter lors du salon des étalons de Saint-Lô ! Cela me laisse très peu de temps pour former un couple avec lui, mais je vais faire de mon mieux”, confiait-elle il y a quelques jours du côté de Bordeaux. Contrat plus que rempli, donc, pour ce fils de Dollar du Rouet et petit-fils de Zandor qui ne laisse personne indifférent. Doté de moyens phénoménaux, le bai brun a décroché la première place de sa classe d’âge, comme il l’avait déjà fait l’an dernier avec Léo Nerzic. À cinq ans, celui qui est né chez la famille Fardin a subjugué le public, qui l’a largement applaudi, mais aussi les juges, qui lui ont attribué la meilleure moyenne de la soirée, bien aidée par un… 20/20 pour sa force et ses moyens. Une note aussi rare que méritée tant La Tour du Rouet semble capable de tout sauter. L’imaginer évoluer au plus haut niveau sur une immense piste en herbe, de la trempe de celle de Calgary ou d’Aix-la-Chapelle, dans quelques années semble couler de source.

La Tour du Rouet ne laisse personne indifférent. © Mélina Massias
“Juger ces jeunes chevaux, qui arrivent dans un contexte très particulier, surprenant même, notamment pour ceux âgés de quatre ans, est difficile. Ils arrivent face à la sonorisation, à la lumière, à une foule qu’ils ne rencontreront sans doute que très rarement dans cette mesure durant toute la première partie de leurs carrières. Il y a donc beaucoup d’émotivité chez eux, ce qui amène, de temps en temps, à contre-performances. Celles-ci s’expliquent par la surprise provoquée par un tel environnement. Nous essayons de juger les qualités de force, de disponibilité ou encore de style des chevaux afin de les départager et tenter de faire émerger les trois meilleurs de l’épreuve. C’est assurément le cas pour la génération des cinq ans. Il y a vraiment des chevaux exceptionnels dans ce lot. Il y a aussi de bons chevaux chez les quatre ans, qui sont encore des bébés”, analyse avec justesse Yves Gay, qui a analysé et décortiqué les performances des vingt-trois chevaux et neuf poneys en lice ce soir avec son compère Laurent Vignaud. “Attribuer un 20/20 n’est pas fréquent, mais dans un cas comme celui de La Tour du Rouet, cette note, une parmi cinq, récompense sa force exceptionnelle. C’est un cheval qui saute tout le temps de façon relativement relâchée et régulière. On ne peut pas demander plus !”
Entouré de son naisseur, Yannick Fardin, et d'Arnaud Evain, à la tête du Groupe France Elevage, qui l'a acheté en fin d'année dernière, La Tour du Rouet a donné le sourire à Pénélope Leprevost. © Mélina Massias
Si La Tour du Rouet a fait l’unanimité pour beaucoup d’éleveurs massés dans les allées du pôle hippique, Loveur de Startup et Lamborghini de Riverland ont aussi largement dominé leurs adversaires d’un soir. “Les trois premiers de l’épreuve réservées aux chevaux de cinq ans ont un potentiel énorme”, confirme Yves Gay. “Tous trois sont très différents. Le premier a du cadre et énormément de force, le deuxième est plus petit, plus réactif et doté de beaucoup de sang, tandis que le troisième est plus régulier et homogène. Tous les trois ont des qualités exceptionnelles et la hiérarchie du classement de ce soir pourrait être inversée si nous étions un autre jour ! Ils méritent tous les trois le podium et se retrouveront sûrement sur de très beaux concours dans le futur.”
Fruit du croisement entre Chacoon Blue et Hello*Folie de Nantuel, la crack de Scott Brash, Loveur de Startup, né pour le compte de Christelle Peyssard et de Marc Dilasser, a sans doute fait tourner la tête de son cavalier, Jean-Marc Le Guennec. Avec un passage de dos hors-norme, le petit bai a fait bruisser les tribunes, déjà pleines à craquer. Très prisé des éleveurs l’an dernier pour sa première année de monte, le protégé de France Etalons qui met une nouvelle fois en exergue le travail de la famille Gouin-Deuquet et de son élevage de Nantuel devrait en faire autant cette année. Si son équilibre et son style restent perfectibles, ceux-ci devraient s’améliorer avec l’âge et le temps, à mesure que Loveur de Startup gagnera en maîtrise de son grain de Folie et de son génie. Avec quatre-vingt-treize points au total, il n’a été séparé de La Tour du Rouet que d’une unité.

Il fallait être bien accroché sur le dos de Loveur de Startup ce soir ! © Mélina Massias
Pour s’octroyer la troisième place, Lamborghini Riverland a, lui, obtenu un total de quatre-vingt-douze points, sur cent possibles. Le champion de France des quatre ans, qui a récemment intégré le catalogue du haras de Clarbec, a fait preuve d’une très grande classe sous la selle de Thomas Rousseau. Parfaitement à son aise sur le tracé composé de six obstacles, l’alezan par Catoki sur l’inépuisable souche du Château a semblé répéter ses gammes, avec aisance et domination. Sa prestation impeccable de bout en bout lui a permis d’obtenir un 19 pour son comportement, et deux fois la note de 18,5, pour son style et son équilibre, sa locomotion et sa disponibilité, jugés dans un seul et même item.

Remarquable sur son parcours, Lamborghini Riverland n'a pas été sacré champion de France de sa génération sans raison ! © Mélina Massias
À saluer également pour la génération 2021 les quatre, cinq et sixième places du sérieux Let’s Go San Isidro, propre frère d’un certain Kornet San Isidro, qui avait beaucoup fait parler de lui l’an dernier, et des très plaisants Looping des Deux L, fils de Deuxcatsix d'Églefin, et donc petit-fils du si précieux et regretté Vigo Cécé, et London d’Elle, par Quamikase des Forêts, alias Zirocco Blue. Les trois jeunes mâles étaient respectivement présentés par Anne Rapinat, Tom Cherre et Hubert Pignolet.
Mojito de Talma confirme
Particulièrement démonstratif en liberté, Mojito de Talma a prouvé que ses qualités étaient aussi bien présentes sous la selle. Associé à Léo Thomazo, le descendant de Chaclot a remporté le Masters des quatre ans avec un total de quatre-vingt-neuf points. Très appliqué, le très jeune alezan a notamment produit un dernier saut spectaculaire, sur un oxer légèrement plus haut que les cinq autres sauts du parcours, donnant comme un avant-goût de l’avenir. Si son père, qui a évolué au plus haut niveau avec Riccardo Pisani, présente un papier très intéressant, avec la présence de Chacco-Blue en lignée haute et de For Pleasure et Pilot, deux éminents sires allemands, en lignée basse, sa mère n’est pas en reste. Loin de là. En effet, le Selle Français né à l’élevage de Talma de Michel Guiot, qui distribue aussi sa semence sous sa casquette d’étalonnier chez France Etalons et le récompensera peut-être sur les épreuves du Cycle classique dans les trois années à venir en sa qualité de président de la Société hippique française (SHF), est un petit-fils de Reggae de Talma. Cette fille de Cento a produit l’excellente Une de l’Othain, gagnante du Grand Prix 5* de Hambourg avec Harrie Smolders en 2021, Baloubet de Talma, l’explosif complice de… Pénélope Leprevost, classé lors des étapes de la Coupe du monde de Lyon et Londres cet hiver, les tous bons Cocktail et Cocaïne de Talma, vus au niveau 5* avec Grégory Wathelet puis Neal Fearon pour le premier et Jessica Springsteen pour la seconde, mais aussi Fame de Talma, la mère de Chaclot. Créditée d’un ISO 137 après une bonne saison de six ans avec Audrey Texidor, la fille de Baloubet du Rouet - faisant donc d’elle la propre sœur de Baloubet de Talma - se consacre désormais à la reproduction et a déjà donné treize poulains à son éleveur, dont un autre étalon, Kamet de Talma.

À peine âgé de quatre ans, Mojito de Talma fait déjà tourner des têtes. © Mélina Massias
Dans cette épreuve de démonstration, où les notes se sont une nouvelle fois montrées plutôt homogènes et encourageantes pour les débuts sous les feux des projecteurs de ces très jeunes pépites, Mojito de Talma a supplanté l’athlétique et moderne Marioupol BRL*GFE. Issu du croisement entre Stakkatol et la géniale Rubelia d’Axelle Lagoubie, ISO 165 en 2018 et titulaire de plus de 200.000 € de gains, le gris, frère utérin de Black’n Roll, vice-champion d’Europe par équipe aux Européens Jeune Cavalier de Peelbergen en 2024 avec le Français Baptiste Eichner, a montré de bonnes aptitudes sportives sous la selle d’Hugo Paris.

Belle prise d'expérience pour Marioupol BRL. © Mélina Massias
Pour un demi-point de moins, Mika Express HDC se contente de la troisième place. Le bai ne peut renier son père, le fabuleux Orient Express*HDC, tandis que sa souche est celle, très solide, développée par Michel Ruel sous l’affixe de Blondel. Nouveauté du catalogue de France Etalons, le jeune étalon n’a pas démérité sous la selle de Jean-Marc Le Guennec. Son modèle compact, son sérieux et sa génétique pourraient bien en intéresser plus d’un cette saison.

Digne fils d'Orient Express, Mika Express HDC n'est pas passé inaperçu à Saint-Lô. © Mélina Massias
Sans une faute, Melting Meni Charm, vainqueur du testage en décembre sur cette même piste, aurait pu se hisser à hauteur de Mika Express. Un peu tendu et impressionné par son environnement, le protégé du Groupe France Elevage (GFE), qui réunit les sangs de Pegase van’t Ruytershof et Tinka’s Boy et ne manque assurément pas d’énergie, a laissé entrevoir encore un peu plus son potentiel. Il termine cependant sixième, derrière les studieux Memphis de Kermor et Mambo Semilly.
Photo à la Une : Pénélope Leprevost et La Tour du Rouet ont signé une démonstration dans le Masters des étalons Selle Français de cinq ans. © Mélina Massias
Le salon des étalons de Saint-Lô est à suivre gratuitement en direct sur GRANDPRIX.tv.







