“Comprendre chaque cheval et en tirer le meilleur est ce qui me fait avancer au quotidien”, Robin Muhr
En février dernier, Robin Muhr lançait sa saison avec une ambition claire : continuer à faire évoluer son système pour franchir un nouveau cap au plus haut niveau. Cavalier engagé et lucide, il revient sur son organisation, ses choix de carrière et sa réalité du très haut niveau. Entretien.
Comment allez-vous et comment se passe votre début de saison ?
Tout va très bien ! En ce début de saison mes chevaux sont en forme et performants, ce qui est de bon augure pour la suite.
Comment fonctionne votre système ? Pouvez-vous nous présenter votre piquet de chevaux ?
Je suis basé à Aix-en-Provence et installé au sein de nos écuries familiales. Aujourd’hui, tous les chevaux que je monte m’appartiennent, ce qui reste assez rare à ce niveau. Ça n’a pas toujours été le cas et je reste évidemment ouvert à des collaborations, partenariats ou contrats de sponsoring. Mon système repose sur un équilibre entre le sport et le commerce, avec une priorité très claire : la performance. Comprendre chaque cheval et en révéler le meilleur est ce qui me fait avancer au quotidien. J’ai actuellement quatre chevaux pour sauter des épreuves comptant pour le classement mondial : Galaxy HM avec qui j’ai participé aux Jeux olympiques de Paris, Foud’joie de Stel, Chess VH Dingenshof et Crocodile Rock, qui retrouvera le chemin des concours cette année. Plusieurs autres chevaux, moins aguerris, complètent mon piquet et devraient venir renforcer l’équipe. Ce qui me rend particulièrement fier, c’est d’avoir formé l’ensemble de mes chevaux. Certains ont débuté sur des épreuves amateur avant d’atteindre le haut niveau. Je pense notamment à Unforgettable Damvil, un étalon de la famille Sadran récupéré à quatre ans et avec lequel j’ai sauté mes premières épreuves 5*.
Crocodile Rock lors du CSI5* d’Equita Lyon 2024 © PSV Photos
Pourquoi avoir choisi de prendre la nationalité israélienne ? Comment ce choix a t’il impacté votre carrière ?
L’opportunité de concourir pour Israël s’est présentée il y a sept ans. Cela m’a permis d’accéder à des échéances majeures dont les Jeux olympiques. Ce sont des expériences incroyables et je suis très reconnaissant d’avoir pu vivre ces moments avec ma nation. Ce choix se heurte malgré tout à certaines limites. Je ressens parfois de la frustration, notamment dans la préparation de ces grandes échéances. Je n’ai pas toujours la possibilité de participer à suffisamment de concours 5* ou Coupes des nations malgré mon classement mondial à la 114ème place. L’année des Jeux olympiques, Galaxy, qui n’avait pas beaucoup d’expérience à ce niveau, et moi, n’avons pu participer qu’à deux épreuves cotées à 1,60m de toute la saison. C’était à Bordeaux, en février 2024 et en indoor. Ce fut donc compliqué d’être performant aux Jeux. À certains moments, j’ai même dû financer moi-même ma participation à des concours pour pouvoir me confronter au plus haut niveau et préparer correctement mon cheval. Avec du recul, c’était nécessaire, mais ce n’est évidemment pas un modèle viable sur le long terme. Même si aujourd’hui mon système fonctionne, avec un pays qui me permet de viser de belles échéances, le soutien de partenaires et de sponsors me permettrait de franchir sereinement le prochain cap.
Que peux-t-on vous souhaiter pour la suite ?
D’avoir les opportunités qui me permettront de m’exprimer pleinement à ce niveau-là. Ensuite, comme tout compétiteur, l’objectif reste de performer et d’aller chercher des résultats en Grand Prix. J’ai conscience que tout passe par le travail, la régularité et une gestion juste des chevaux. Alors à moi de continuer à avancer et de faire en sorte que les choses se mettent en place.
Foud’joie de Stel lors du Jumping de La Baule 2025 © PSV Photos
Photo à la Une : Galaxy HM lors des Jeux Olympiques de Paris 2024 © Bijicreative