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04/09/2018

Alexis Deroubaix, un homme de cheval existe encore. (1/3)

Membre de l'équipe de France qui se rendra à Tryon avec Timon d'Aure, Alexis Deroubaix est un garçon timide, rangé qui tient avant tout à ne pas passer pour ce qu'il n'est pas. Contrairement à beaucoup, ce n'est pas l'ambition qui le guide mais la passion du travail bien fait. Une différence non négligeable qui devient un réel atout lorsqu'il croise sur sa route un couple aussi passionné et aussi discret que lui. En compagnie d'André et Annick Chenu au haras du Plessis, il trouve un véritable refuge et gravit les échelons quatre à quatre pour rejoindre l'élite mais sans brûler les étapes pour autant. Un savant mélange de détermination, de franc parler, de conviction et de savoir. Une belle rencontre comme nous les aimons sur Studforlife.

Alexis Deroubaix et son crack Timon d'Aure (Mylord Carthago x Drakkar des Huttins x Lieu de Rampan), frère utérin de Regate d'Aure autre grande gagnante.

Quels ont été vos premiers contacts dans les chevaux ?

Alexis Deroubaix : « Dans une ferme chez mon oncle et ma tante avec des poneys. Avec mon grand-frère, on s'amusait à monter, nous devions avoir 6 ans. Mon oncle et ma tante avaient une ferme avec beaucoup d'animaux et ils avaient un gîte rural et ils invitaient des enfants, c'était un peu la ferme pédagogique. Du coup, après j'ai monté en club à 10 ans et puis quand j'ai eu 15 ans, je savais déjà ce que je voulais faire. Après j'ai été dans une école spécialisée une LFR, Liaison Fermière Rurale avec une partie 2 semaines en stage, 2 semaines à l'école. Et j'ai commencé en Normandie chez Alain Janvier à Moyon et après ça, j'ai eu mon BAC PRO donc CGEA : Conduite et Gestion Exploitation Agricole. Trois jours après, alors que je connaissais déjà Thierry Lambert qui possède une écurie dans le nord, il m'a embauché. C'est là que j'ai vraiment appris ce que c'était le vrai métier. J'ai monté en concours et à la maison. Je suis resté 3 ans là et j'ai monté de jeunes chevaux et puis, Thierry est devenu un ami mais pour progresser, il fallait monter des chevaux. Malheureusement, il ne pouvait pas les faire monter parce qu'il avait beaucoup de chevaux dont les propriétaires payaient des pensions pour que ce soit lui qui les monte. Donc, il m'a envoyé chez Hervé Francart, là où il a été formé et là j'ai bien appris aussi parce que ça m'a permis de monter des jeunes chevaux jusqu'à l'âge de 6 ans, des vieux chevaux jusqu'en 135. J'avais 24 ans à ce moment-là. C'est là que j'ai fait ma première finale des jeunes chevaux à Fontainebleau et après ça, je suis allé chez Eric Février en Bretagne pendant 2 ans et puis là, j'ai monté 500 parcours l'année. C'était jeunes chevaux/vieux chevaux mais je n'ai jamais été en phase avec sa façon de faire. Par contre, il m'a donné la chance de faire beaucoup de pistes, de monter beaucoup beaucoup de chevaux y compris dans de belles épreuves. Je me souviens après 1 mois et ½ - 2 mois que je sois arrivé, je n'avais pas trop de métier dans les 135 et Eric n'a pas hésité à m'engager sur des grands prix 3 étoiles, 1 m 50 et tout. C'était le seul moyen pour un jeune de monter des grands prix. Il n'y a pas beaucoup d'écuries qui le permettent et ça c'est un merveilleux. J'ai aussi monté beaucoup de jeunes. Et puis, on faisait tous les boxes, il n'y avait pas de grooms, on groomait, on sellait nos chevaux. On était 3 cavaliers là-bas et 60 chevaux au travail. La première année à l'élevage d'Helby à Fontainebleau j'en avais 18 – 18 jeunes chevaux donc après, la deuxième année je suis resté et puis j'avais 2 bonnes juments puis on a sauté jusqu'à 4 étoiles oui oui. Pas très régulièrement du tout mais je me souviens que j'ai fini au 4 étoiles de Franconville, c'était au mois de juillet à la fin de ma seconde saison. Après ça, je ne savais pas trop ce que j'allais faire mais Michel Hecart voulait que je vienne travailler avec lui donc je suis parti au Haras de la Roque. Dans un premier temps, c'était uniquement pour faire la tournée de Villamoura donc j'ai dit ok et quand on est rentré au mois d'avril, ça s'était bien passé et j'ai continué. Et puis, quelques mois après, la famille voulait que je m'installe chez eux et là on a eu un petit différent c'est que je n'ai pas voulu moi. (rire) Je n'ai pas voulu car j'avais comme ambition de le faire mais pas avec eux, pas chez eux et du coup dans ma tête, mon objectif était de me mettre à mon compte. Et de ce fait j'ai rencontré Annick et André et puis je me suis dit, j'ai tous les outils pour encore évoluer. Je me suis réjoui à entendre tout ça et je me suis dit « si je ne le fais pas maintenant, je dois recommencer de 0 et c'est tout ce que je voulais faire » mais en même temps, j'avais l'opportunité d'évoluer davantage, je me suis dit « si je le fais pas je suis un peu idiot ici et donc on va mettre ça de côté et on va aller dans ce sens-là ».

SFL : C'était le choix le plus difficile de la carrière ça ?

A.D. : « Non parce que ça s'est fait naturellement ici mais j'avais comme but de me mettre à mon compte. J'avais 28 ans mais comme j'avais l'opportunité d'évoluer dans le sport, et puis évoluer dans tout, je me suis dit « ben je vais chez eux ».

 

SFL : Donc au départ en venant ici, vous aviez la certitude que les chevaux allaient être gardés pour faire du sport jusqu'à ce niveau-là ou c'était un pari ?

A.D. : « Non non. Timon avait 8 ans et il y avait d'autres jeunes, de bons jeunes mais pas beaucoup de chevaux pour sauter du gros. Puis après Timon, André a souhaité que je monte un 3 étoiles à Saint-Lo à huit ans, il y avait déjà du monde dessus et André a dit « non on attend » et du coup, on a attendu et on a évolué, moi j'ai évolué avec lui et c'est le cheval que j'ai eu très performant, qui m'a fait de très bonnes performances, c'est le premier sur du long terme. Et puis, on ne savait pas qu'il était un cheval pour sauter le niveau auquel il évolue aujourd'hui. A l'époque on n'était pas très sûr encore. Il faisait les 2 étoiles correctement puis, ce cheval a vraiment bien évolué. Après, il y a les autres qui ont évolué, il y a Secret du Pays d'Auge qui a bien évolué qui tourne en grand prix 3 étoiles ; il y en a eu d'autres mais qui ont été vendus. Aujourd'hui, on a vraiment un effectif blindé en qualité de jeunes chevaux, on a vraiment de bons jeunes chevaux : Aldo du Plessis (Orient Express), âgé de 8 ans, Bornthis Way Chapelle (Kashmir van't Schuttershof) qui est quand même un crack de sept ans et puis on a des 6 ans, on a trois très très bons 6 ans disons qui sortent du lot. Rien n'est gagné évidemment mais, si on continue à bien travailler, normalement, on aurait plusieurs chevaux comme Timon dans 2 ans et l'objectif de les faire évoluer tout seul et puis de les commercialiser ou pas. Aldo je pense qu'il sera jamais à vendre mais après, il faut plusieurs chevaux pour le haut niveau… Le but c'est d'avoir un effectif pour de beaux concours. »

Le commerce fait partie de l'activité que vous aimez bien aussi ?

A.D. : « Oui, moi ce que j'aime c'est former, former de jeunes chevaux, accompagner au niveau comme on le fait là, comme on a commencé, c'est tout récent mais petitement. Mon rêve n'est pas de partir tout le temps. Mon but c'est de former des chevaux, faire des concours sympas, un coup de temps en temps faire un vrai beau concours et puis après Timon, j'espère qu'on en refera d'autres. Garder des chevaux jusqu'à 17 ans pour faire des concours, ce n'est pas dans mon intérêt final. Pour moi, ce qui est honorable, c'est de former et puis de les vendre parce qu'on est obligé et puis d'en refaire, c'est vraiment le métier, NOTRE métier. Ici, ce qui nous caractérise c'est que l'on fait sur du long terme. On ne rentre pas des chevaux pour les vendre 1 mois plus tard. Ce qu'on veut ici c'est vraiment former du jeune au produit fini, comme André et Annick l'ont toujours fait dans leur carrière, c'est du commerce sur du long terme et ça, c'est plaisant. »

La suite, c'est ici et demain !


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