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28/02/2018

Longines Masters de Hong-Kong, 6 ème édition !
Vincent Lambrecht, le maître chinois.

En Belgique, on connait avant tout Vincent Lambrecht comme cavalier mais depuis plusieurs années on a vu votre activité de commerce se développer avec une activité en Chine assez conséquente. Ici, à Hong-Kong, on découvre Vincent Lambrecht comme coach très apprécié.

Comment vivez-vous cela ?

Vincent Lambrecht : « Cela fait du bien de voir que cela évolue un peu. Cela fait maintenant un peu plus de cinq ans que l'on travaille dans ce sens pour le marché asiatique alors cela fait plaisir aujourd'hui de voir que l'on a quelques bons élèves avec lesquels on peut travailler en se projetant dans le futur car ils ont de l'ambition et ils sont doués. Alors évidemment, c'est chouette de les voir évoluer ici sur un tel niveau. Notre élève taiwanais, Ping-Yang Hsieh, a pris une belle 5 ème place dans l'épreuve d'ouverture. Ce sont des moments qui font vraiment plaisir. »

Pourquoi vous êtes-vous orienté vers l'Asie ?

V.L. : « C'est arrivé un peu par hasard, comme beaucoup de choses dans la vie finalement. Par l'intermédiaire d'un ami nous avions vendu quelques chevaux en Chine il y a 5-6 ans et lors de cette vente, nous avions dû établir un contrat dans lequel il était stipulé que je devais monter deux coupes du monde en Chine à Pékin. Ce n'était pas un problème pour moi, j'avais promis que j'irai et j'y suis allé. C'est là que j'ai fait la connaissance de Daniel Zhiwen-zao Chiu. A la suite, je suis devenu coach de l'équipe de Pékin puis les choses ont continué à évoluer. Ces dernières années, le marché chinois a vraiment commencé à se développer. Il y a vraiment une demande pour de meilleurs chevaux et nous essayons de nous concentrer sur ces chevaux-là en essayant de vendre des chouettes chevaux à de bons cavaliers chinois pour aller sauter le plus haut niveau ici en Chine. Nous avons aujourd'hui en continu 5 à 6 chevaux dans nos écuries qui appartiennent à des clients asiatiques qui s'entrainent chez nous et qui font des allers-retours entre leur pays et la Belgique pour s'entrainer chez nous. »

Quel a été votre sentiment lorsque vous êtes venu pour la première fois en Chine ?

V.L. : « On venait de commencer notre commerce Kelly et moi. Les marchés américains et européens sont saturés et il est difficile de s'y faire une petite place alors je me suis dit qu'il y avait là-bas une opportunité et que nous devrions s'y investir pleinement. Cela a pris du temps pour trouver le bon chemin et les bonnes personnes avec qui on a envie de travailler, comme partout ! L'objectif était de trouver des gens avec qui on pouvait avancer sur le long terme. Petit à petit, on a trouvé notre place ici et l'objectif est de continuer à développer ça. »

Aller monter la coupe du monde de Pékin avec des chevaux prêtés, c'est une chose … emmener des élèves dans un concours de ce niveau-ci face aux meilleurs européens et australiens devant leur public, c'est encore une étape supplémentaire ?

V.L. : « Oui, parce que tout d'un coup, ils se retrouvent au plus haut niveau de la compétition devant leur public, leur fédération. Ce concours a une grande importance pour eux de représenter leur pays par ici. Nous, l'objectif était de venir pour leur permettre de vivre une expérience en étant au contact des tops cavaliers et leur permettre de bien faire. »

Le cavalier chinois Xingjia Zhang avec l'étalon For Passion d'Ive Z (For Pleasure).

Pour vous, il y avait une pression particulière de la part des fédérations, des investisseurs et même des cavaliers ?

V.L. : « Il est clair que j'ai accepté de venir parce que je pensais que mes élèves étaient prêts pour faire de bonnes choses. Après évidemment, je ne pensais pas spécialement que nous réussirions à ramener un flot directement. Cela donne du plaisir et cela montre que nous sommes sur le bon chemin avec ces garçons. »

Pour lui, qu'est-ce que ça représentait ce flot ?

V.L. : « Je pense que cela représente beaucoup de choses pour lui. Cela a été un grand moment. Il était avec toute son équipe, toute sa fédération en train de faire des photos avec le flot. Cela représente donc beaucoup de plaisir et de valeurs d'autant qu'ils mettent beaucoup de temps, d'énergie et de moyens … alors cela donne envie de faire encore mieux »

Le cavalier taiwanais Ping-Yang Hsieh sur Just Energie

L'Asia Horse Week qui réunit justement toutes ces fédérations donne encore une autre dimension à cet évènement ?

V.L. : « Oui, clairement. Grâce à l'Asia Horse Week, toutes les fédérations sont présentes et c'est quelque chose de très positif pour tous ces cavaliers. C'est vraiment une très bonne initiative de l'équipe d'EEM. L'objectif est vraiment de développer le sport en Asie à travers cet évènement et c'est très bien que tous ces gens soient là et voient vers où ils doivent aller. L'objectif c'est d'aller avec leur pays sur ce niveau-là. Cela va encore prendre du temps mais cela va faire bouger les choses et les faire réfléchir. »

Pour vous personnellement, est-ce que le sport est encore une priorité ou est-ce que le commerce et le coaching ont pris le pas dessus ?

V.L. : « Non, j'aime encore le sport et j'aime bien monter … mais j'adore le commerce et cela me donne autant de satisfaction et à la fin, c'est avec cela que vous gagnez votre vie. En montant à cheval et en faisant du concours, cela devient très difficile si vous n'avez pas un grand sponsor derrière l'écurie pour gérer tout cela. J'essaie de trouver un bon équilibre entre le commerce, le coaching et le sport. Il est clair que le sport n'est pas prioritaire chez nous. Tous les chevaux qui sont aux écuries sont à vendre et je ne vais pas faire un planning de six mois car ça ne sert à rien. J'ai néanmoins toujours l'envie d'aller au concours et de faire de bons résultats mais pour cela, tout dépend toujours du temps que les chevaux restent chez nous. Je pense néanmoins que nous avons trouvé un bon équilibre … puis on ne sait jamais, il se peut qu'à un moment on dise que ce cheval-là, on va le conserver un peu plus longtemps pour faire du sport, c'est possible … même si actuellement, nous avons encore beaucoup de travaux à faire dans l'écurie et la maison alors il faut vendre ! »

On voit beaucoup d'engouement derrière Ludger Beerbaum, mais l'autre coach en vue ici, c'est vous avec trois cavaliers. Qu'est-ce que cela représente ?

V.L. : « C'est chouette ! On a une bonne renommée ici car dès le début, j'ai voulu bien faire les choses et depuis, nous avons déjà eu de beaux succès en Chine et ailleurs. Ici, c'est un plaisir et cela me conforte dans mon idée que ça vaut le coup de s'investir de mettre autant d'énergie dans ce projet. J'ai toujours eu des élèves que ce soit en Belgique ou même des Américains qui venaient faire des stages mais maintenant, je me concentre sur mes élèves chinois. J'avais juste continué à entrainer Jolien Maenhaut… mais elle est désormais installée en Chine et je l'entraine donc ici. La priorité reste le commerce. Je viens 4 à 5 fois en Chine par année. Cette année est une année de transition ici. L'an dernier, il y avait les jeux nationaux et cette année, l'objectif est un peu de refaire les équipes et de mettre tous en place pour les prochains jeux. »

Comment voyez-vous l'évolution de ces Longines Masters de Hong-Kong ?

V.L. : « C'est la seconde fois que je viens à ce concours. La première fois, j'étais en Chine et un de mes clients m'avait demandé de l'accompagner deux jours, nous avions passé un bon moment. On voit que l'atmosphère a changé ici en quelques années. Les gens apprécient vraiment le sport et on voit que cela commence à vivre. On sent cela. Les gens sont très enthousiastes et je pense que l'évolution du concours est vraiment positive. »

 

Que peut-on vous souhaiter pour l'avenir ?

V.L. : « Que l'on puisse continuer à grandir comme nous le faisons maintenant. Que nous ayons encore beaucoup de succès avec les élèves et les chevaux que l'on a chez nous et que nous vendons. »


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